5 700 morts en un été : la chaleur est devenue un risque du logement
L'été 2025 a été le troisième plus chaud depuis 1900 en France. Santé publique France lui attribue plus de 5 700 décès, dont les trois quarts chez les plus de 75 ans, et pas seulement pendant les canicules. Le lieu où l'on meurt de chaud, c'est souvent chez soi.
Le bilan de 2025
Météo-France classe l'été 2025 troisième été le plus chaud depuis le début des mesures, à + 1,9 °C de la normale, derrière 2003 (+ 2,7 °C) et 2022 (+ 2,3 °C), avec un mois de juin à + 3,3 °C et quatre vagues de chaleur dont deux « remarquables », du 19 juin au 6 juillet puis du 8 au 19 août, touchant 69 départements et 80 % de la population. Santé publique France publie le bilan sanitaire chaque hiver ; celui de 2025, daté du 26 février 2026, est le plus lourd depuis 2003 hors l'année 2022.
Deux enseignements y sont soulignés. D'abord, la chaleur tue en dehors des canicules : les deux tiers des décès attribuables surviennent hors des épisodes d'alerte, dans la chaleur ordinaire d'un été qui n'en est plus. Ensuite, la prévention individuelle ne suffit plus : l'agence appelle à agir sur l'environnement, et le premier environnement d'une personne de 80 ans en juillet est son appartement.
Ce qui vient
La trajectoire de réchauffement de référence adoptée par la France (TRACC) vise + 4 °C en 2100 par rapport à l'ère préindustrielle. Météo-France indique que le nombre de jours en condition de vague de chaleur est multiplié le long de cette trajectoire, et l'Insee estimait dès 2022 qu'un Français sur sept vivrait d'ici 2050 dans un territoire à plus de 20 journées anormalement chaudes par été. L'institut I4CE évalue que le coût sanitaire des vagues de chaleur pourrait doubler dans un scénario à 2,7 °C.
Le logement comme facteur de risque
Depuis 2003, les études de surmortalité pointent les mêmes déterminants : vivre seul, être âgé, et habiter un logement qui ne redescend pas la nuit. Un dernier étage sous toiture non isolée, une façade ouest sans volets, une pièce unique sans ventilation traversante : ce sont des caractéristiques physiques, mesurables à l'adresse, et qui ne figurent dans aucun document remis au locataire ou à l'acheteur.
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Ces estimations ne remplacent ni un thermomètre ni un médecin. Elles servent à une chose : savoir avant l'été quels logements, dans un immeuble, dans une rue, dans un parc de bailleur, ne redescendront pas la nuit, et agir là d'abord.
Sources
- Santé publique France, Chaleur et santé. Bilan de l'été 2025, édition France hexagonale, 26 février 2026.
- Météo-France, Bilan climatique de l'été 2025 ; retours sur les vagues de chaleur du 19 juin au 4 juillet et du 8 au 18 août 2025.
- Insee Première n° 1918, août 2022, exposition des territoires aux journées anormalement chaudes d'ici 2050.
- I4CE, coût sanitaire des vagues de chaleur dans un scénario à 2,7 °C, cité par la Fondation Abbé Pierre (2024).
- Trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au changement climatique (TRACC), ministère de la Transition écologique.