Soladret

Analyse · 2 septembre 2026 · Soladret

Un logement sur trois est une bouilloire. La vôtre se voit depuis la fenêtre.

Plus d'un Français sur deux a souffert de la chaleur chez lui en 2023, un sur quatre fréquemment. La Fondation pour le Logement parle de « logements bouilloires ». Les causes sont connues, mesurables, et pour l'essentiel géométriques.

Les chiffres

55 %des ménages ont souffert de la chaleur chez eux au moins 24 h en 2023
1 sur 4en souffre fréquemment pendant l'été, 16 % presque toute la saison
1 sur 7Français vit dans un territoire qui connaîtra plus de 20 jours anormalement chauds par été d'ici 2050
56 %seulement des logements aux fenêtres sud, est ou ouest ont des occultants

Le rapport d'août 2024 de la Fondation Abbé Pierre, « Logements bouilloires : le degré zéro de l'action publique », a installé le terme. Son édition 2025, « Chaud dedans ! », relève que 42 % des Français ont eu trop chaud chez eux à l'été 2024, un été pourtant tempéré, et avance qu'un logement sur trois pourrait être concerné. La proportion ne dépend pas seulement du thermomètre : elle dépend du bâti.

Ce qui fait une bouilloire

Les facteurs sont documentés dans le même rapport : une mauvaise isolation des murs multiplie par trois le risque de logement trop chaud ; les appartements sont trois fois plus souvent trop chauds que les maisons ; l'absence d'espace extérieur, de protections solaires ou même de simples volets pèse lourd ; 259 000 logements ont moins de 2,20 m sous plafond. Les 4,8 millions de logements énergivores en résidence principale, impossibles à chauffer l'hiver, sont les premiers candidats l'été : la passoire devient bouilloire.

À ces facteurs de bâti s'ajoute la géométrie, que les enquêtes ne peuvent pas saisir logement par logement : l'orientation des façades, l'étage (sous les toits, l'air est plusieurs degrés plus chaud), la présence d'un vis-à-vis ou d'un arbre qui ombrage l'après-midi, la possibilité de ventiler la nuit d'un côté à l'autre. Deux appartements du même immeuble, même DPE, même surface, peuvent avoir cinq degrés d'écart à 23 h.

Sur un immeuble lyonnais type de quatre niveaux, Soladret estime en canicule de référence un écart de près de cinq degrés entre le rez-de-chaussée nord et le dernier étage ouest ; les murs extérieurs de la façade ouest, eux, dépassent 55 °C au soleil quand la façade nord reste sous 40.
Voir sur votre adresse. La vue « Immeuble » de Soladret calcule chaque façade à chaque étage et colore le bâtiment ; la vue « Rue » fait la même chose pour tout le quartier. Vous voyez d'un coup d'œil quel appartement est le four et lequel est vivable, et ce que des volets extérieurs changeraient.
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Ce que ça change pour l'action

La réglementation ne traite le confort d'été que dans le neuf, via les degrés-heures d'inconfort de la RE2020 ; dans l'existant, l'ADEME recommande depuis 2024 d'y intégrer la dimension estivale, et MaPrimeRénov' peut financer des travaux de confort d'été dans les rénovations globales. Mais la décision se prend en assemblée de copropriété, et elle se prend mieux avec une carte de l'immeuble qu'avec une moyenne nationale : quelles façades protéger d'abord, quel toit isoler, où planter.

Sources